Egypte : 34 000 sites web s’opposant aux amendements constitutionnels ont été bloqués

L’Egypte bloque plus de 34000 sites web. Photo : DR

NEWSROOM (ADV) – Les fournisseurs de services Internet égyptiens, ont bloqué lundi soir, plus de 34 000 domaines Internet dans le but de mettre un terme à leur campagne contre les amendements proposés à la Constitution, a déclaré à Mada Masr, le groupe de surveillance de la censure en ligne NetBlocks.

La campagne Batel, qui signifie «nul et non avenu» en arabe, a été lancée la semaine dernière pour s’opposer à une foule d’amendements à la Constitution qui vont permettre au président Abdel Fattah al-Sissi de prolonger son mandat jusqu’à 2030, de limiter l’autonomie du pouvoir judiciaire et de cimenter le pouvoir et le rôle de l’armée en politique.

Selon les estimations de Batel, ils ont amassé 250 000 signatures à ce jour.

Telecom Egypt, Raya, Vodafone et Orange ont bloqué l’accès à une gamme de sites web comprenant des startups technologiques réputées, des groupes religieux juifs et baha’is, des ONG américaines et internationales, des sites web d’auto-assistance, des portails de célébrités et des dizaines de technologies open source.

Tous les sites bloqués partagent une plage d’adresses IP sur le service d’hébergement Netlify, qui sont devenus inaccessibles en raison d’un blocage d’adresses IP destinée à supprimer la campagne, a indiqué NetBlocks dans un rapport publié mardi matin.

Selon NetBlocks, l’ampleur de la censure suggère que le gouvernement égyptien a eu recours à des mesures entraînant des dommages collatéraux importants pour empêcher Batel de réclamer contre les amendements constitutionnels qui devraient être adoptés par le Parlement aujourd’hui, avant d’être présentés au Parlement et rendu public dans un référendum populaire plus tard ce mois-ci.

Avant le référendum, l’Égypte a vu une campagne généralisée inciter les citoyens à voter pour les amendements.

Les blocs de sites web ont commencé en mai 2017, lorsque l’accès à 21 sites, a été bloqué sur certains FAI, sans notification préalable des sites web ou sans clarification des responsables concernés sur les raisons du bloc ou l’entité responsable de sa mise en œuvre.

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