Centrafrique : Retour des déplacés observé dans plusieurs villes après l’accord de paix de Khartoum

14 participants des groupes armés ont signé l'accord de paix "Accord de Khartoum" lors d'une cérémonie à Bangui le 6 février 2019. Photo : AFP

Bangui, Centrafrique, (ADV) – Plusieurs déplacés et réfugiés reviennent dans leurs zones respectives depuis février, suite à l’accalmie observée après l’accord de paix signé entre le gouvernement et les groupes armés du pays.

A un mois de la signature de l’accord de paix entre le gouvernement et les 14 groupes armés du pays, la situation sécuritaire qui s’améliore peu à peu à l’intérieur du pays favorise le retour des déplacés et réfugiés dans leurs zones respectives. Ce retour a été enregistré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires en Centrafrique (OCHA).

Au nord de Paoua, plus de 23 000 rapatriés spontanés et 26 700 retournés ont été identifiés du 21 février au 7 mars 2019 soit 4 351 ménages de 23 394 rapatriés spontanés et 4 846 ménages de 26 713 retournés dans leurs villages respectifs. « Ce retour est favorisé par l’accalmie de la situation sécuritaire. Les acteurs humanitaires sont mobilisés pour une assistance aux retournés et aux rapatriés », rapporte le bulletin humanitaire de OCHA.

Ces données sont confirmées après l’organisation de 4 missions de monitoring des mouvements de population dans plusieurs villages du nord de Paoua par le HCR et les partenaires humanitaires.

Un peu au centre du pays à Ndassima à environ 60 km Nord du Bambari, 13.450 personnes sont retournées sur l’axe Ndassima-Bambari, y compris 310 personnes à Ndassima 1,250 personnes à Ndassima 2, ainsi que 7 000 personnes soit 430 ménages à Krandja et Djoubissi.

Sur le site des déplacés de Bria au moins 2 060 personnes sont retournées sur les 50 897 qui sont sur 5 sites, une réduction de 3,88% de chiffres par rapport au février 2019 contre ceux de décembre 2018. Ce retour est aussi dû à l’accalmie observée ces dernières semaines dans la région, selon les acteurs humanitaires.

Dans la zone ouest notamment à Boukolo située à 45 Km de Berberati sur l’axe Gamboula, la population accueille favorablement de jour en jour le retour des réfugiés peuls au Cameroun. La présence d’une centaine d’éleveurs dans ces régions témoigne de la cohabitation entre les communautés.

Ces retours sont aussi observés à Bakouma et à Alindao, deux villes qui ont été touchée par les violences vers la fin de l’année 2018. Le retour a permis la réouverture de 70% des écoles. Sur les 46 écoles, 32 sont opérationnelles et 30% soit 9 écoles restent actuellement occupées par les groupes armés.

Même si les humanitaires ont observé le retour dans plusieurs villes, la gestion de la transhumance demeure une source de tension à Bocaranga et Ngaoundaye au nord du pays. Au moins 896 hectares de champs ont été dévastés par le bétail dans ces zones. « 1 200 ménages ont perdu leurs champs à cause de la transhumance si l’on sait que 73% de ces ménages ne disposent que de leurs champs comme source de revenu alors que 27% de ces ménages hébergent des retournés spontanés », a commenté un acteur humanitaire.

L’accalmie observée ces dernières semaines après la signature de l’accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés reste fragile, au regard de la contestation du nouveau gouvernement d’après le dialogue de Khartoum par certains groupes armés qui réclament plus de place dans ce gouvernement inclusif.

© Bur-csa – A.H / S.E – De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr