Algérie : Bouteflika retire sa candidature, reporte les élections et nomme un nouveau chef du gouvernement

Abdelaziz Bouteflika. Photo : DR

Alger, Algérie (ADV) – Après plus de trois semaines de gigantesques manifestations et deux jours de grève générale suivie dans plusieurs villes du pays, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, renonce hier 11 mars, à sa candidature pour un cinquième mandat présidentiel, et décide de reporter les élections présidentielles prévues initialement le 18 avril prochain.

Dans une lettre adressée hier aux Algériens, Abdelaziz Bouteflika a déclaré qu’il « n’y aura pas de cinquième mandat … Cette nouvelle République et ce nouveau système seront entre les mains des nouvelles générations algériennes, qui seront tout naturellement les principaux acteurs et bénéficiaires de la vie publique et du développement durable dans l’Algérie de demain ».

Le président algérien a annoncé le report sine die des élections présidentielles. « Il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain…Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées afin d’ouvrir la voie à la généralisation de la sérénité, de la quiétude et de la sécurité publique, dans l’objectif d’entreprendre ensemble les actions d’importance historique qui permettront de préparer le plus rapidement possible l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie », a-t-il déclaré.

Dans ce message, le président algérien prévoie l’organisation d’une Conférence nationale inclusive et indépendante, qui sera « une enceinte dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système que porte le lancement du processus de transformation de notre Etat-nation ».

« Cette conférence sera équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent. Organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée. La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019 », a-t- il prévu

Le président algérien a également décidé de former un gouvernement de compétences nationales « bénéficiant du soutien des composantes de la Conférence nationale ».

Création de la fonction de vice-Premier ministre

Après la démission du chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, le président algérien a nommé son ancien ministre de l’Intérieur Nourredine Bédoui, au poste du chef du gouvernement et l’a chargé de nommer un nouveau gouvernement. Il a également créé le poste de vice-Premier ministre dans lequel il nomme l’ancien ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, qui devient ainsi vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères.

Agé de 82 ans, le président algérien est à la tête du pays depuis 1999. Il est victime en 2013 d’un accident vasculaire cérébrale (AVC), qui l’oblige à réduire ses activités et ses apparitions publiques. Il annonce début février dernier, officiellement sa candidature pour un cinquième mandat présidentiel. Le 22 février, d’impressionnantes manifestations sont observées dans plusieurs villes du pays pour dire non à ce cinquième mandat. Pendant ce temps, le président algérien se trouvait dans un hôpital suisse à Genève d’où il est rentré le 10 mars.

© Bur-csa – A.H – N.W / De notre correspondante régionale Selma Kasmi – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr