Le Kenya rappelle son ambassadeur en Somalie pour un différend frontalier maritime

La secrétaire du cabinet des affaires étrangères du Kenya, Amina Mohamed. Photo: DR

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NEWSROOM (ADV) – Le Kenya a annoncé samedi avoir rappelé pour “consultations urgentes” son ambassadeur en Somalie, pour protester contre la décision du gouvernement somalien de mettre aux enchères des gisements pétrolifères et gaziers dans une zone maritime disputée entre les deux pays.

“Le Kenya a rappelé son ambassadeur en République fédérale de Somalie, le général (à la retraite) Lucas Tumbo. Il a été convoqué à Nairobi pour des consultations urgentes.

Ce rappel est la conséquence de la décision fort regrettable et choquante par le gouvernement de Somalie de mettre aux enchères des gisements de pétrole et de gaz situés dans la zone maritime kényane qui borde la Somalie”, a annoncé dans un communiqué le ministère kényan des Affaires étrangères.

Selon le ministère, cette vente aux enchères a eu lieu le 7 février à Londres, où se tenait une Conférence sur le pétrole et le gaz en Somalie.

Le ministère se lance ensuite dans un sévère réquisitoire à l’encontre du gouvernement somalien.

Le ministère souligne que le Kenya avait accepté que la question de la délimitation de la frontière maritime des deux pays, au sein d’une zone potentiellement riche en réserves de pétrole et de gaz dans l’océan Indien, soit portée devant la Cour internationale de Justice (CIJ).

La Somalie et le Kenya se disputent un vaste secteur maritime de plus de 100.000 km2, au sein duquel Nairobi a déjà accordé trois permis d’exploitation pétrolière à la compagnie italienne Eni Spa qui sont contestés par Mogadiscio.

A l’opposé, Nairobi revendique pour délimitation une ligne droite partant de la frontière terrestre entre les deux pays vers l’Est.

Le Kenya rappelle qu’il exerce sa souveraineté sur la zone contestée depuis 1979, lorsqu’il a proclamé les limites de sa zone économique exclusive.

Nairobi affirme également s’être accordé en 2009 avec Mogadiscio pour résoudre le différend par des négociations, et non par un arbitrage judiciaire. Le Kenya considère donc la CIJ comme n’étant pas compétente.

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