La suspension du plus haut juge du Nigéria constitue une violation des droits de l’homme – (expert onusien)

Diego Garcia-Sayán, président de la Cour interaméricaine des droits de l'homme. Photo : Fabio Rodrigues Pozzebom / Agência Brasil

NEWSROOM (ADV) – La suspension du plus haut juge du Nigeria par le président Buhari a enfreint les normes internationales des droits de l’homme relatives à l’indépendance du pouvoir judiciaire et à la séparation des pouvoirs, a déclaré lundi un expert onusien.

M. Buhari, qui était dirigeant militaire dans les années 1980 et a été élu au pouvoir en 2015, espère remporter un nouveau mandat lors d’une élection présidentielle prévue pour samedi.

“Les normes internationales des droits de l’homme stipulent que les juges ne peuvent être révoqués que pour des motifs graves de faute ou d’incompétence”, a déclaré Diego Garcia-Sayan, rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats.

“Toute décision de suspendre ou de révoquer un juge devrait être juste et devrait être prise par une autorité indépendante telle qu’un conseil de justice ou un tribunal”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Garcia-Sayan, a déclaré que le licenciement de juges sans suivre de procédures judiciaires ni offrir la possibilité de contester la décision était incompatible avec l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Buhari a suspendu le juge en chef, Walter Onnoghen, le 25 janvier, à la suite d’une décision d’un tribunal sur la conduite du fonctionnaire, et l’a fait remplacé.

Selon le communiqué américain, certains des juges et des avocats de la défense impliqués dans l’affaire Onnoghen ont fait l’objet de menaces, de pressions et d’ingérences graves.

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