En Algérie et ailleurs, les Algériens célèbrent le Nouvel an berbère

Les célébrations du Nouvel an berbère. Photo: DR

Alger, Algérie (ADV) – Les festivités ont débuté tôt ce matin du 12 janvier, dans toutes les wilayas (provinces) d’Algérie, pour célébrer l’arrivée du Yennayer, le premier mois du calendrier berbère. Les berbères, Amazighs, Thamazights de l’Afrique du Nord, entameront leur 2969 ème année du calendrier agraire, julien qu’ils utilisent depuis l’antiquité. Si la date de son commencement varie selon les régions, du 12 au 14 janvier, les autorités algériennes ont décrété en décembre 2017, le 12 janvier de chaque année, journée de fête nationale, chaumée et payée. Les festivités revêtent depuis, un caractère officiel.

Aujourd’hui, toutes les régions du pays exhibent leurs héritages culturels millénaires, dans des expositions, spectacles, défilés et manifestations de rue.

 

Mais aussi en France, au Canada et ailleurs

 

Les festivités sont également attendues en France et au Canada. En France, les trois grandes stars de la musique kabyle, Idir, Ait Menguellett et Alaoua, animeront ce soir le concert 1.2.3 Kabylie à Paris, pour accueillir avec les Algériens établis là-bas, la nouvelle année.

La communauté algérienne au Canada, l’une des plus importantes du pays, s’organise également pour passer à l’an 2969, à l’instar du Centre Amazigh de Montréal qui invite les expatriés se réunir pour l’occasion.

Le rituel du diner du treize

 

Interdite durant la guerre civile par les islamistes, c’est le diner familial de la veille du 13 janvier qui assurait la pérennité de cette fête, avant son officialisation.

Un diner accompagné par le rituel du treize (Le déversement de confiseries, de bombons, de fruits séchés et secs sur les nouveaux nés). Un geste ” de bonne augure, pour que l’année soit douce et sucrée”, espèrent les familles. Les Algériens ruent ainsi durant toute la semaine précédant le 13, sur les marchants des confiseries traditionnelles, lesquels rivalisent chaque année de modèles et de devantures de magasins.

 

Une fête aux légendes multiples

 

La littérature populaire pullule de légendes autour de ses premières célébrations. Certains académiciens à l’instar d’ Amar Nagadi, avancent que les berbères célèbrent la victoire du roi amazigh Chachneq (Shechong), sur le pharaon d’Egypte en 950 av. Jésus-Christ, d’autres soutiennent que le début du calendrier agraire annonce la fin des labours et marque le milieu du cycle humide.

L’Algérie semble se réconcilier progressivement avec son identité et sa diversité. La fierté est très perceptible, mais pas chez tout le monde. En effet, certaines photos et vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des radicaux tentant d’empêcher les festivités. Leur nombre est toutefois inférieur à celui observé l’année dernière. Les fatwas de certains prédicateurs radicaux sur l’interdiction de la fête, continuent de leur côté, mais visiblement sans grande impact sur la population.

Assugwass Ameggas à tous les amazighs du monde.

© Bur-csa – N.W / De notre correspondante régionale Selma Kasmi – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr