Centrafrique : une synergie des ONG pour pousser à l’adoption du code de la protection de l’enfant

Une vue des organisations plaidant pour l'adoption du code de la protection de l'enfant. Photo : Fridolin Ngoulou

Bangui, Centrafrique (ADV) – Trois ONG nationales et une ONG Internationale, avec l’appui de l’Unicef ont lancé ce jour à Bangui lors d’une conférence de presse,une synergie des plaidoyers pour pousser à l’adoption et à la promulgation du code de la protection de l’enfant en Centrafrique.

« Pour garantir l’avenir de la RCA, il faut mettre les enfants au centre de la politique et de l’action des autorités, des partenaires, de la société civile et des leaders communautaires », a déclaré Gilbert Masumbuko, chef de mission de Dan Church Aid (DCA), une ONG internationale qui assure le lead de ces activités de plaidoyer.

Le gouvernement Centrafricain avait élaboré le premier code de la protection de l’enfant en 2002 mais cette loi n’a jamais été votée par les élus de la nation. Avec la volonté affichée par le gouvernement actuel d’assurer la protection de l’enfant, ce dossier revient à l’ordre du jour.

Les ONG nationales, notamment le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH), le Centre pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Enfant (CPDE) et Women Acting for Living Together (WALT) lanceront une série de plaidoyer pour aboutir à l’adoption de code d’ici à la session ordinaire de l’assemblée nationale, prévue au mois de mars 2019.

Le projet du code de la protection de l’enfant en Centrafrique, une fois adopté et promulgué, prendra en compte le délai de la déclaration des naissances et ses frais, la gratuité de l’éducation sur toute l’étendue du territoire, l’interdiction de l’enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés, l’interdiction formelle de mariage des enfants avant l’âge de 18 ans.

Depuis la succession des crises dans le pays, la situation des enfants ne cesse de se dégrader. Même si au moins 13.000 enfants ont été libérés des groupes armés de 2014 à septembre 2018, entre 6.000 à 10.000 enfants restent enrôler par des groupes armés.

Entre août à septembre 2018, 22 cas de viol ont été enregistrés, 13 cas d’agression physique sur les enfants et 44 cas d’utilisation génitale féminin. De nombreux enfants sont accusés de différentes sortes de crimes, délits et de sorcellerie.

Tous ces cas de violation des droits de l’enfant souffrent d’un cadre de répression cohérent d’où la nécessité d’avoir ce code de la protection de l’enfant, en dépit des textes internationaux que le pays a ratifiés entre autres la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’enfant.

« De même, certaines dispositions protégeant les enfants sont éparpillées dans beaucoup des lois, rendant ainsi difficile leur usage par les praticiens du droit pour la protection de l’enfant », a soutenu Gilbert Masumbuko.

Les élus de la nation, les médias, les artistes et les autorités seront visés par ce plaidoyer.

© Bur-csa – A.H / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr