Togo : les observateurs affluent dans le pays pour prendre note du déroulement des législatives

Des centaines de milliers de partisans de l'opposition ont manifesté à travers le Togo pour réclamer une réforme constitutionnelle. Photo : AFP

NEWSROOM (ADV) – Au total 3131 observateurs électoraux nationaux et internationaux vont suivre le déroulement du scrutin des élections législatives aujourd’hui dans un contexte de menace permanente de troubles.

Les observateurs nationaux constituent l’essentiel de ce groupe d’observateurs, soit 2950 personnes fournies par des organisations nationales.

Aussi, 181 internationaux sont dépêchés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), l’Union africaine (UA), le Conseil de l’Entente, les Etats-Unis et l’Allemagne, apprend-on de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

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Pourtant sous sécurisation de la Force sécurité élections (FOSE-2018) de 8 000 éléments, le processus électoral se déroule dans une atmosphère d’inquiétude consécutive à la menace ouverte de la Coalition de 14 partis d’opposition (C14).

Mardi, dans un important hôtel de Lomé, la CENI chargée de la supervision des élections au Togo, des membres du gouvernement et le haut commandement de la FOSE-2018 ont échangé avec les observateurs sur le processus et ses enjeux, selon une source du service de communication de la présidence de la République togolaise.

“Le fichier électoral ne souffre d’aucune irrégularité car il a été acté de bout en bout par les experts de la CEDEAO”, a expliqué Kodjona Kadanga, le président de la CENI, face aux observateurs, selon cette source.

“Nous avons fait un travail de renseignement et nous pouvons vous rassurer que nous irons aux élections sans aucun problème”, a dit de son côté le Commandant Têko Koudouwovo de la FOSE-2018.

Déjà mardi, le forces de défenses et de sécurité ont voté par anticipation dans 201 bureaux de vote ouverts à cet effet sur l’étendue du territoire, pendant que des appels se suivent au plan national pour le report du scrutin.

Dans ce contexte, le ministre togolais de la Sécurité, Général Yark Damehane, a affirmé, dans un reportage de la Télévision nationale TVT, que la menace de perturbation du processus électoral est prise au “sérieux”.

“Nous nous préparons en conséquence”, a-t-il expliqué, soulignant que des mesures générales sont prises dans ce sens mais avec une “particularité”.

En rappel, les autorités togolaises déplorent 4 morts suite à des incidents en lien avec les manifestations interdites de la C14 visant à perturber le processus, depuis le 8 décembre dernier.

Au total 850 candidats provenant de douze partis et regroupements de partis ainsi que des indépendants sont en lice sur 130 listes pour les 91 sièges de l’Assemblée nationale. Ils sollicitent le suffrage de plus de trois millions d’électeurs qui vont s’exprimer dans 8488 bureaux de votes à travers le pays.

Depuis août 2017, le Togo traverse à une crise socio-politique relative à la divergence de positions de la C14 et du parti au pouvoir sur les réformes constitutionnelles incluant entre autres la limitation du mandat présidentiel.

Sous la médiation de la CEDEAO, les deux parties ont ouvert un dialogue politique en février 2018 qui a permis une décrispation du climat socio-politique dans le pays.

Le 31 juillet 2018 à Lomé, un sommet de la CEDEAO a proposé une feuille de route pour une sortie pacifique de crise.

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