La RDC menace de prendre des mesures de rétorsion contre l’UE

Le gouvernement menace de prendre des "mesures de rétorsion" si les sanctions de l'UE contre certaines autorités ne sont levées. Photo: DR

RDC, Kinshasa (ADV) – Vendredi 30 novembre à Kinshasa, le ministre des Affaires étrangères a, devant le corps diplomatique accrédité à Kinshasa et la presse, dénoncé “les tentatives de l’Union européenne de reconduire les sanctions imposées à 16 personnalités congolaises”.

Selon Léonard She Okitundu, la RDC qui “a mené toutes les démarches nécessaires espère la levée de ces sanctions avant la tenue des élections”.

“La révision des mesures restrictives n’a d’intérêt pour la République démocratique du Congo que si elle intervenait antérieurement à la tenue des élections, postérieurement à celles-ci, elle perdrait toute signification et partant constituerait un non évènement”, a laissé entendre le patron de la diplomatie congolaise.

Face à une telle fin de non recevoir poursuit-il, la RDC se verrait en désespoir de cause dans l’obligation de réserver à son tour son droit souverain de prendre des mesures des rétorsions qui s’imposent et dont elle se réserve la nature de l’ampleur.

D’après Léonard She Okitundu, « au-delà du fait que ces sanctions violent toutes les dispositions des principes qui régissent le droit et les relations internationales, celles-ci constituent également un désavantage pour le candidat du Front Commun pour le Congo, FCC, à la prochaine présidentielle ».

“Malheureusement, suite à ses mesures prises unilatéralement par l’Union européenne à l’encontre de certaines personnalités congolaises, il se dégage une inégalité de traitement à ces élections entre les différents candidats frappés par ses mesures et les autres en l’espèce, il s’agit en particulier du candidat du Front Commun pour le Congo à savoir Emmanuel Ramazani Shadary qui est ainsi privé de sa liberté fondamentale de se mouvoir pour ainsi expliquer au partenaire extérieur la pertinence de sa mission. Par-dessus le marché, cette privation de la liberté d’aller et venir peut être à dessein exploité négativement par ses adversaires”, explique le diplomate congolais.

Il sied de signaler que l’Union européenne devra en principe décider le 10 décembre prochain si elle va renouveler ou non les sanctions contre les 16 personnalités congolaises.

Des personnalités congolaises parmi lesquelles Ramazani Shadary ancien vice-Premier ministre de l’intérieur et actuellement dauphin de Joseph Kabila, Lambert Mende actuel ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Célestin Kanyama ancien chef de police à Kinshasa… ont été sanctionnées depuis 2017 pour notamment entrave aux principes démocratiques, violation des droits et libertés de citoyens.

Depuis lors, le gouvernement congolais continue de réclamer sans succès la levée de ces sanctions.

© Bur-csa – N.W / De notre correspondant régional Jephté Kitsita – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr