Centrafrique : Regain de tension dans le pays, la Minusca pointée du doigt par les autorités politiques et religieuses

Des militaires de la MINUSCA patrouillent Bangui. Photo : BWC

Bangui, Centrafrique (ADV) — A quelques jours du renouvellement du mandat de la mission onusienne en Centrafrique (Minusca), le pays enregistre un regain de tension. Les autorités politiques et religieuses accusent la Minusca de jouer à la passivité, une position que le patron de la Minusca tente de réfuter.

La situation sécuritaire dans le pays est instable depuis près d’un mois, alors que la Centrafrique est suspendue sur le renouvellement ou non du mandat de la Minusca dont ses actions sont entachées par plusieurs irrégularités notamment sa passivité face aux violences dans le pays.

Le premier à porter cette accusation est le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji. Devant le parlement le 21 novembre, le chef du gouvernement s’est exprimé en ces termes : « A la base de la Minusca, j’avais interpellé le Représentant spécial adjoint des Nations-Unies, monsieur, Kenny que j’ai reçu une information comme quoi le site de déplacés d’Alindao serait la cible d’une attaque en préparation. Il va me rassurer qu’ils sont aussi informés de cela et m’a promis que toutes les dispositions seront prises pour pallier cela et que je peux rassurer le chef de l’Etat que toutes les dispositions sont prises pour contenir cet assaut. Mais malheureusement après, j’avais eu l’information d’un carnage à Alindao ».

En croire le chef du gouvernement, les forces onusiennes sont passives quand les groupes armés attaquent la population civile. Une position similaire à celle de l’Assemblée nationale. Là, dans ce palais du peuple, les casques bleus sont de connivence avec les groupes armés, déclaration faite vendredi dernier, lors d’une session exceptionnelle en présence des toutes les représentations diplomatiques en Centrafrique.

Le patron de la Minusca, Parfait Onanga Anyanga, a déclaré à Bangui que la Minusca était dans « l’incapacité de prévenir des violences de cette nature », une violence qui a fait plus de 100 morts à Alindao au sud-est du pays dont deux prêtres catholiques, selon le bilan de l’Assemblée nationale.

Malgré cette déclaration qualifiée par plusieurs observateurs comme “suffisante pour faire partir la Minusca et son patron”, Parfait Onanga Anyanga tente de se justifier, « nous vivons un contexte dans lequel l’Etat, dans son incarnation, n’est pas présent sur toute l’étendue du territoire. La Minusca avec ses insuffisances tente de remplacer l’Etat dans ses fonctions régaliennes. Nous sommes en train de faire des pas importants à redonner à l’Etat Centrafricain ses capacités plénières. Malheureusement nous faisons face à des violences, comme celle que nous connaissons » a-t-il ajouté.

Les évêques de Centrafrique, qui ont perdu cinq prêtes en six mois, tués par des rebelles de la Séléka, accusent, eux-aussi, la Minusca et plus précisément les contingent Pakistanais et Mauritaniens de jouer les jeux des rebelles de la Séléka au détriment de la population. Mgr Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, l’évêque de Bossangoa et vice-président de la Commission Episcopale de Centrafrique (CECA) a déclaré que la CECA détient des preuves de cette connivence avec les rebelles de la Séléka.

Dans tous les arguments des responsables politiques et religieux de la Centrafrique, en passant par la société civile et les leaders politiques, la levée de l’embargo sur les armes en faveur des Forces Armées Centrafricaines (FACA) est une exigence de l’heure afin de faciliter la livraison d’au moins 4.000 armes de la Russie, 1.500 de la France ainsi que des armes et équipements militaires de la Chine.

Le déploiement des FACA dans certaines zones comme Paoua, Bangassou, Sibut, Bambari avec l’appui des instructeurs russes permet déjà de stabiliser la sécurité. Les exemples que les ressortissants des régions actuellement en insécurité totale brandissement pour réclamer aux-aussi la présence des FACA dans leurs zones.

© Bur-csa – N.A / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr