Bénin : la France restitue des objets d’art africain

Un musée du quai Branly à Paris de l'art africain. Photo: Express

NEWSROOM (ADV) – La présidence française a annoncé vendredi, la restitution de 26 objets d’art africain à leur pays d’origine, pris de guerre de l’armée française en 1892, rapportent des médias béninois.

« Les objets, on ne veut pas les avoir pour les avoir”, a déclaré Alain Godonou, responsable des questions du patrimoine pour la nouvelle agence nationale de promotion du tourisme du Bénin. “Il nous faut des projets d’appropriation de notre patrimoine”. Cela passe par des projets éducatifs, mais aussi par une réhabilitation des musées. Le problème de la conservation, qui a justifié pendant de nombreuses années le statu quo sur cette question sensible, n’est plus tabou et sur le continent. On reconnaît volontiers le problème », rajoute M. Godonou.

« Mais dans de nombreux pays du continent, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, ou encore au Bénin, on prépare les plans de nouveaux musées ou leur inauguration prochaine », a-t-il souligné.

Le président Béninois Patrice Talon, qui souhaite faire du tourisme l’un des piliers de l’économie nationale, a approuvé les chantiers de cinq musées dont celui des Rois d’Abomey et des Amazones, en hommage à l’ancien régiment militaire entièrement féminin du Dahomey, qui devrait ouvrir ses portes en 2020.

« Le musée national d’Abidjan a été rénové en 2017, mais un musée plus important est en projet. Dans ce cas, on pourrait commencer à parler de restitution définitive. Mais, en attendant, qu’ils viennent et qu’ils repartent, ça ne nous pose pas problème », a insisté la directrice du musée des Civilisations de Côte d’Ivoire, Silvie Memel Kassi.

« L’important est de travailler ensemble. Nous voulons avoir accès à ces objets. Nous avons besoin de cette mémoire, ces objets sont une mémoire », a-t-elle ajouté.

A Dakar, le musée des civilisations noires (MCN), dont l’inauguration est prévue le 6 décembre, sera prêt, un jour, à accueillir les œuvres, assure son directeur.

« Ces œuvres-là viennent de nos aïeux, je prie nos ancêtres, dépositaires mêmes de ces pièces précieuses, ancestrales, je prie les ancêtres pour que leurs pièces-là retournent”, confie Taho Toubo, chef traditionnel du Groupe ethnique de Côte d’Ivoire.

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