Sénégal : un nouvel épisode dans le feuilleton Karim Wade

Karim Wade en compagnie de son père, l'ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade. Photo : Senego

Dakar, Sénégal (ADV) – Après sa libération discrète en 2016 par décret présidentiel, suivi d’un exil vers le Qatar ainsi que de moûts annonces et tractations judiciaires pour un retour au Sénégal et surtout pour laver son honneur afin de participer aux échéances électorales de 2019, un nouvel épisode vient de démarrer sur le feuilleton dénommé « l’affaire Karim ».

En effet, son avocat et non membre du Comité directeur du Parti démocratique sénégalais, Me El Hajj Amadou Sall a annoncé la semaine dernière via sa page Facebook que « L’arrêt de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, qui avait condamné le fils de l’ancien Président sénégalais, a été tout bonnement annulé par le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies ce mercredi 14 novembre 2018 ».

« …. une procédure permettant une révision effective et substantielle de la déclaration de culpabilité (de Karim Wade) est exigée et doit permettre d’évaluer les éléments de preuve et de faits et non se borner à une révision limitée aux aspects de droit …. La déclaration de culpabilité et de condamnation (de Karim Wade) …doit être réexaminée conformément aux dispositions du paragraphe 5 de l’article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques », peut-on voir dans la décision de l’Onu, parcourue par Me Sall

Cette annonce a suscité beaucoup de réactions tant du côté du pourvoir et de l’opposition du Sénégal.

Pour en revenir aux détails, le chargé de communication de la présidence de la République du Sénégal, El hadji Hamidou Kassé, a affirmé lors d’une émission à la radio RFM que le chef de l’Etat, « Macky Sall ne se pliera pas et ne va pas céder aux recommandations de ce groupe de travail ».

Selon lui, « Les conventions internationales n’ont jamais remis en cause la souveraineté des Etats. Macky Sall ne pliera pas, il ne cède pas aux recommandations” faites par le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu qui de demandé à ce que l’affaire soit réexaminée ».

Interrogé par la télévision France 24, l’avocat de l’Etat du Sénégal William Bourdon estime que le Comité des droits de l’homme a commis, dans son rapport, ‘une erreur d’appréciation’.

La robe noire, a choisi de tout bonnement rejeter le rapport du comité des droits de l’homme des Nations-Unies sur l’affaire Karim Wade et à rectifier l’organe Onusien sur l’idée qu’il a de la Crei, n’a jamais été créée exclusivement pour régler le cas Karim Wade.

« D’abord la Crei n’est pas une juridiction d’exception qui a été créée spécialement pour Monsieur Karim Wade puisqu’il a évoqué la date de 2012. Alors qu’elle a été créée en 1981 » a-t-il laissé entendre.

La réaction de l’opposition ne s’est pas fait attendre. Le chef du parti Rewmi Idrissa Seck a déclaré lors d’une visite à la cité religieuse de Tivaouane pour les besoins du Mawlid qu’«une bonne administration de la justice aurait pu épargner le Sénégal de telle déconvenue dans la communauté internationale…»

Apparemment , le fils de l’ancien président ne semble pas être ébranler par toutes ses réactions de l‘Etat du Sénégal car annoncé à Dakar en novembre à plusieurs reprises par des responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds), et menacé d’emprisonnement s’il ne s’acquitter de l’amende de 138 milliards Fcfa que lui a infligée la Cour de répression de l’enrichissement illicite(Crei), a finalement déposé son premier lot de bagages à l’aéroport de Diass mardi dernier selon la presse locale .

Ce geste du fils de Wade intervient quelques jours après que le Comité des droits de l’homme des Nations Unies ait demandé à ce que la déclaration de culpabilité et de condamnation contre lui soit « réexaminée » par le gouvernement sénégalais.

Le président Macky Sall, s’exprimant sur France 24, a rappelé que Karim doit s’acquitter de l’amende de 138 milliards Fcfa que lui a infligée la Crei en sus de sa condamnation à 5 ans de prison ferme. Macky Sall n’écarte pas une amnistie pour Karim Wade mais seulement après sa réélection en 2019.

En rappel, Karim Wade est un homme politique et Fils de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade. Il a occupé plusieurs postes ministériels dont ministre d’État, de la Coopération et des Transports, avant de quitter le gouvernement après la défaite de son père en 2012.

Il a été incarcéré à partir de 2014 pour enrichissement illicite et détournements de fonds et gracié en 2016 par le président Macky Sall tout en restant condamné à payer une amende. Il part alors en exil au Qatar.

© Bur-csa – A.H – N.A / De notre correspondante régionale Ndeye Magatte Kebe – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr