RDC : le bilan d’Ebola a dépassé celui de la première épidémie enregistrée dans l’histoire du pays en 1976

Dr Oly Ilunga, ministre de la Santé. Photo: DR

RDC, Kinshasa (ADV) – La maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo, ne cesse de gagner du terrain comme en témoigne le dernier rapport du ministère de la Santé publique.

En effet, ce vendredi 9 novembre 2018, le bilan de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri vient de dépasser celui de la première épidémie enregistrée dans l’histoire survenue en 1976 à Yambuku, dans la province de l’Equateur. A ce jour, 319 cas et 233 décès ont été enregistrés.

Une situation qui n’a pas laissé indifférent le ministre congolais de la Santé, qui a lancé un message à la population dans sa globalité.

“A la vue de ces chiffres, mes pensées et mes prières vont aux centaines de familles endeuillées, aux centaines d’orphelins, et aux familles entièrement disparues”, a indiqué Oly Ilunga.

Le ministre souligne qu’au cœur de cette riposte sans précédent, se trouvent des centaines d’hommes et de femmes qui travaillent sans relâche depuis plus de trois mois dans un environnement difficile et instable pour éviter que cette épidémie ne se propage dans les autres provinces de la République démocratique du Congo et dans les pays voisins.

“Aucune autre épidémie au monde n’a été aussi complexe que celle que nous vivons actuellement. Depuis leur arrivée dans la région, les équipes de la riposte ont dû faire face à des menaces, à des agressions physiques, à la destruction répétée de leur matériel, et au kidnapping. Deux de nos collègues de l’Unité médicale d’intervention rapide, ont même perdu la vie dans une attaque”, a précisé docteur Ilunga.

Pourtant, poursuit-il, malgré les risques et grâce au soutien d’une majorité de la population, nos agents continuent à faire leur travail avec passion et dévouement pour protéger la nation et le monde entier.

Parmi les réalisations des équipes de la riposte contre Ebola, l’on peut citer particulièrement la vaccination, y compris dans des zones rouges, de plus de 27.000 contacts à haut risque, dont au moins la moitié aurait pu développer la maladie. Sans l’intervention rapide et efficace des experts nationaux et internationaux, c’est un drame d’une ampleur considérable que la RDC serait en train de vivre à l’heure actuelle.

“Toutefois, cette épidémie reste dangereuse et imprévisible, et nous ne devons pas baisser la garde. Nous devons continuer à mener une riposte très dynamique qui nécessite des réajustements permanents et une réelle appropriation au niveau communautaire”, renchérit-il.

Le ministre de la Santé a fait savoir que la RD Congo est en train d’écrire une nouvelle page de l’histoire et de la santé publique.

“C’est avec le concours et l’engagement de tous, le gouvernement, la communauté internationale, et surtout la population, que nous allons vaincre cette épidémie”, conclu-t-il.

S’agissant de l’épidémie d’Ebola, le rapport du ministère de la Santé publique du 9 novembre dernier renseigne qu’un nouveau cas confirmé a été identifié dans une nouvelle zone de santé de Kyondo, située à côté de celle de Butembo et que les investigations sont en cours.

À ce jour, c’est un total de 319 cas de fièvre hémorragique qui ont été signalés dans la région, dont 284 confirmés et 35 probables. Sur les 284 cas confirmés, 163 sont décédés et 97 sont guéris. Les autres sont hospitalisés dans les différents Centres de Traitement d’Ebola (CTE) installés.

Les autres détails se présentent de la manière suivante :

– 52 cas suspects sont en cours d’investigation.

– 7 nouveaux cas confirmés, dont 3 à Beni, 2 à Butembo, 1 à Kyondo et 1 à Vuhovi.

– 7 nouveaux décès de cas confirmés ont été notifiés, dont 3 à Beni, 2 à Butembo, 1 à Kyondo et 1 à Mutwanga.

– 6 nouvelles personnes guéries, dont 5 à Beni et 1 à Butembo.

Depuis le début de la vaccination le 8 août 2018, 27.832 personnes ont été vaccinées, dont 14.653 à Beni, 4.515 à Mabalako, 2.152 à Katwa, 1.663 à Mandima, 1.385 à Butembo, 715 à Masereka, 947 à Kalunguta, 434 à Bunia, 355 à Tchomia, 250 à Vuhovi, 240 à Komanda, 185 à Mutwanga, 178 à Oicha, et 160 à Musienene.

© Bur-csa – N.W / De notre correspondant régional Jephté Kitsita – African Daily Voice (ADV)