Cameroun : le bois illicite dévaste le pays

Le Cameroun annonce avoir exporté 964 209 m3 de grumes en 2017 contre 737 017 m3 en 2016. Photo : AUB

NEWSROOM (ADV) – A Yaoundé et à Douala, les deux principales villes du pays, 80% du bois de sciage sont d’origine illégale, selon une récente étude du Centre pour la recherche forestière internationale (Cifor). Une campagne de sensibilisation à l’achat légal du bois a été lancé.

Au parc à bois du quartier “manguiers” à Yaoundé, sur un espace d’une centaine de mètres, la vente du bois de sciage est l’activité quotidienne de nombreux hommes et femmes.

Le parc a été ouvert il y a 40 ans. La campagne intitulée “Le bois légal, c’est génial”, n’a laissé personne indifférent au Cameroun.

“Les vendeurs ont tous été d’accord de vendre le bois légal, mais ils vont trouver ce bois légal où ? La demande du bois légal est très forte, mais il manque des scieries. Et au sujet du bois qu’on appelle le bois informel, les vendeurs demandent, comment faire pour acquérir les papiers ? En sachant qu’en vendant le bois légal, le vendeur va aussi en profiter”, explique Etienne Bokagne Eten, vice-président de l’association nationale du collectif des vendeurs de bois et assimilés du Cameroun.

Selon les autorités camerounaises, ce sont 800.000 m3 de bois qui sont vendus illégalement par an. Mais l’Etat n’est pas le seul perdant dans l’affaire. “Nous sommes interpellés par les hommes en tenue, les agents des eaux et forêts”, se lamente Marthe, une vendeuse au parc de bois au quartier manguiers à Yaoundé.

© Bur-csa – A.H / N.A – African Daily Voice (ADV)