Sénégal : baisse attendue des recettes fiscales au mois de décembre (FMI)

Le sous directeur du département Afrique du FMI, M. Michel Lazare en audience aupres du Président de la République du sénégalaise, Macky Sall. Photo : Présidence

Dakar, Sénégal ( ADV) – Le Sénégal risque d’être confronté à un manque à gagner de 115 milliards de francs CFA (198 millions de dollars) en décembre prochain en raison du retard de paiement des impôts et au fléchissement de la vente des produits pétroliers.

D’après le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI), Michel Lazare qui a sonné l’information mercredi dernier à Dakar lors d’une conférence de presse au terme d’une mission qu’il a dirigé dans le cadre de la revue du Programme économique et financier du pays, appuyé par le FMI.

« Pour 2018, jusqu’en fin septembre, les recettes sont sensiblement inférieures à ce qui était attendu dans la loi des finances rectificative approuvée cet été par le Parlement » a expliqué le chef de la mission.

Et d’ajouter que « nos estimations indiquent qu’il va en manquer en fin d’année (…) un peu plus de 100 milliards de francs CFA (172 millions de dollars) ».

Selon M. Lazare « pour atteindre l’objectif budgétaire qu’il s’est fixé, le gouvernement a besoin de resserrer les dépenses sur les trois derniers mois de l’année, sinon le manque à gagner fin décembre sera de 115 milliards de francs CFA ».

« Il y a effectivement des tensions budgétaires qui relèvent en grande partie des moins-values sur les recettes budgétaires qui aboutissent à des coupes sur les dépenses pour atteindre l’objectif budgétaire», a-t-il fait observer.

Il est à rappeler que les recettes fiscales ont baissé de 46,9% en juillet 2018 par rapport au mois de juin 2018 selon la publication de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie(ANSD) « Repères Statistiques Juillet 2018 »

En effet, selon les données recueillies par l’ANSD auprès de la Direction de la prévision et des études économiques, cette situation fait suite à une diminution des impôts sur les sociétés et des impôts indirects respectivement de 91,8% et 34,9% comparativement au mois de juin 2018.

Toutefois, sur les sept premiers mois de l’année 2018, elles ont progressé de 3,8% par rapport à la même période de l’année 2017.

© Bur-csa – A.H – N.A / De notre correspondante régionale Ndeye Magatte Kebe – African Daily Voice (ADV)