RDC : L’église catholique inquiète sur le bon déroulement des élections

Le président de la Cenco, l'archevêque Marcel Utembi, et le secrétaire général de la Cenco, Donatien Nshole à Kinshasa en République démocratique du Congo. Photo : AFP

RDC, Kinshasa (ADV) – La Conférence Épiscopale Nationale du Congo, “CENCO”, a manifesté mercredi 31 octobre dernier, quelques inquiétudes quant au bon déroulement du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo.

Cette inquiétude des évêques catholiques tire son soubassement sur les récentes expulsions de congolais vivant en République d’Angola.

D’après les princes de l’église, cette situation est de nature et peut d’une manière ou d’une autre, porter préjudice au processus électoral en cours en RDC.

“Ces retours massifs qui surviennent à deux mois de la tenue des élections générales en RDC sont de nature à perturber le déroulement normal de ce grand rendez-vous tant attendu par le peuple congolais”, a indiqué la CENCO dans un communiqué.

En outre, les princes de l’église indiquent que beaucoup de cas violations de droits humains ont été commis durant ces opérations de refoulement des congolais.

“Au 27 octobre 2018, les statistiques de nos services de Caritas Congo asbl renseignent que 508.505 personnes sont arrivées en territoire congolais sans que les mouvements soient près de s’arrêter.
Beaucoup de personnes expulsées déclarent avoir fait l’objet des brutalités et de graves violations des droits humains de la part des forces de l’ordre angolaises”, disent-ils.

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo pense que cette situation menace également la paix entre la RDC et l’Angola qui partagent plus de 2000 kilomètres de frontière commune avec des nombreux groupes ethniques situés à cheval sur les deux pays.

Les plus grands mouvements des refoulés, poursuit-elle, sont enregistrés dans les provinces du Kasaï qui portent encore les stigmates de la crise du phénomène «Kamuina Nsapu» qui a déferlé sur la région il y a une année”, dit-elle.

“La localité de Kamako à elle seule compte 206.680 personnes, un nombre qui dépasse largement celui des habitants de cette petite bourgade”, précise le communiqué.

Au chapitre des recommandations, l’église catholique a invité le gouvernement congolais à engager un dialogue franc et sincère avec le gouvernement angolais afin que le retour des congolais en situation irrégulière soit organisé et se fasse dans des conditions qui respectent leur dignité, conformément au droit humanitaire international auquel les deux pays ont souscrit en tant que membres des Nations-Unies.

À la communauté internationale et les Nations-Unies, la CENCO recommande ce qui suit:

  • Intervenir auprès des gouvernements congolais et angolais en vue d’un dialogue franc et sincère et pour humaniser les conditions d’exercice de la souveraineté sur leurs territoires respectifs et dans le respect des droits humains.
  • Se mobiliser pour porter l’aide humanitaire aux personnes refoulées de l’Angola dont les conditions de vie constituent une injure à la dignité humaine.

© Bur-csa – A.H – N.A / De notre correspondant régional Jephté Kitsita – African Daily Voice (ADV)