Afrique : appel à investir davantage dans la cybersécurité

Africa cyber security conference, Abidjan, Côte d'Ivoire. Photo : ACSC

NEWSROOM (ADV) – L’Afrique doit investir dans la cybersécurité pour permettre le développement des technologies numériques, au moment où les menaces augmentent, selon des chefs d’entreprise présents à la 3e Africa Cybersecurity Conference d’Abidjan.

Même si l’Afrique n’était pas jusqu’à présent une cible privilégiée des hackers, “les cybermenaces n’ont plus de frontière”, les pirates informatiques attaquent “tout ce qui bouge”, estime Michel Bobillier, responsable d’une unité de sécurité d’élite chez IBM, la “Tiger Team”.

“La créativité de ces gens (les pirates) est très forte, ils disposent d’organisations, de véritables écosystèmes structurés, avec beaucoup d’argent et de technologies”, pour lancer des attaques complexes.

“Il y a une révolution du crime organisé: les mafias ne vont plus dans la rue, elles vont dans les réseaux informatiques”, avertit M. Bobillier.

Selon Auguste Diop, le PDG de Talentys, une société de sécurité informatique ivoirienne présente en Afrique de l’Ouest, la cybercriminalité a rapporté la somme colossale de 3.000 milliards de dollars (2.600 milliards d’euros) dans le monde en 2015, et ce montant devrait doubler d’ici à 2021.

Il n’y a pas de chiffres disponibles spécifiquement pour l’Afrique. Mais les banques et les sociétés de télécommunications sont les premières cibles des pirates, qu’il s’agisse des fraudes bancaires ou des nouvelles solutions de paiement électronique (règlement de factures et transfert d’argent par téléphone portable), qui sont en pleine expansion sur le continent.

Pour profiter de la croissance du marché de la cybersécurité, Orange CyberDéfense (filiale de la multinationale des télécoms Orange), va ouvrir début 2019 un “hub” au Maroc ainsi que plusieurs filiales, en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

© Bur-csa – A.H / N.A – African Daily Voice (ADV)