La Tunisie commémore le 55ème anniversaire de la Fête de l’évacuation des forces militaires françaises

La Fête de l’Evacuation des forces militaires françaises en Tunisie. Photo : Presse tunisienne

NEWSROOM (ADV) – Aujourd’hui, les Tunisiens célèbrent leur grand jour de l’indépendance totale, le 55ème anniversaire de l’évacuation des forces militaires françaises de la base navale de Bizerte.

La bataille de l’évacuation a commencé le 8 février 1958, lorsque les troupes françaises ont pris d’assaut le village de Sakiet Sidi Youssef, sur les frontières tuniso-algériennes.

En ce même jour de 1963, deux ans et trois mois après la bataille de Bizerte, les bâtiments de la marine française quittent la rade de Bizerte. Vers 14 heures, en une cérémonie discrète, un officier décroche le drapeau tricolore, il le plie en quatre, le met sous son bras et rejoint le navire amiral, qui sera le dernier à quitter le port.

L’évacuation du dernier soldat français se termine vers 15 heures. Les quais où, jusqu’à la veille, trois cargos, douze navires de guerre, un porte-avions, trois mille hommes et des tonnes de matériel attendaient d’être embarqués sont étrangement déserts.

Au même moment, l’aviso Destour, battant pavillon tunisien, apparaît à droite de la rade. À son bord, un petit groupe de responsables tunisiens qui regardent le dernier bateau français s’éloigne. Parmi eux, Bahi Ladgham, secrétaire d’État à la présidence et à la défense nationale et secrétaire général du Néo-Destour, Taïeb Mehiri, Hassib Ben Ammar, Mahjoub Ben Ali entre autres.

Vers 16 heures, un officier français ouvre la grande porte de fer, un énorme trousseau de clefs à la main. Le bateau accoste à l’endroit même où était amarré le navire amiral français. Une petite foule, qui a envahi le port, entonne l’hymne national et lance des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! »).

Bahi Ladgham hisse le drapeau tunisien sur la base, puis annonce solennellement au téléphone à Habib Bourguiba qui était à l’autre bout de la ligne à son bureau à la Kasbah : « Mission accomplie, monsieur le Président ». Le combattant suprême savourait sa victoire. Bizerte, « dernière séquelle de l’ère coloniale français », selon les mots de Bourguiba, est enfin rendu aux Tunisiens. Dans les rues de la ville, c’est la liesse populaire. Bientôt, la joie s’étendra à tout le pays.

Dans le climat du nationalisme arabe, Bourguiba tenait à montrer que sa politique des étapes était plus efficiente. Il décide alors de fêter solennellement l’évacuation des troupes françaises en 1963, à Bizerte. Plus de 300 000 personnes sont rassemblées dans la ville en liesse. Pour la circonstance, il invite à cette célébration le Raïs égyptien, Gamal Abdel-Nasser, le président algérien Ahmed Ben Bella et le prince héritier libyen Hassan Al-Ridha. Le roi Hassan II, invité se fait représenter par un de ses conseillers, Abdelhadi Boutaleb. La postérité retiendra l’image de Bourguiba triomphant au milieu de deux figures du nationalisme arabe, Nasser et Ben Bella, qui n’avaient jusqu’alors cessé de fustiger les « compromissions » du leader tunisien avec l’Occident.

Cette journée est célébrée, chaque année, pour rendre hommage à des centaines de martyrs tunisiens tombés durant la bataille de Bizerte (19-23 juillet 1961), en majorité des civils, qui avaient opposé, pendant quatre jours, l’armée française à celle naissante de la Tunisie.

© Bur-csa – A.H – N.W – African Daily Voice (ADV)