Thomas Sankara, l’icône assassinée

Thomas Sankara. Photo : AFP

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NEWSROOM (ADV) – Saura-t-on un jour la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987 ? Depuis la chute de M. Blaise Compaoré, en octobre 2014, la chape de plomb qui pesait sur cet événement douloureux de l’histoire du Burkina Faso a été levée.

De 1983 à 1987, Sankara se bat en faveur de l’indépendance politique du pays, de son désendettement, mais aussi de l’éducation des jeunes, de l’émancipation des femmes et de l’éradication de la corruption.

Thomas Sankara, le révolutionnaire au béret rouge et au parler franc, s’était fait de nombreux ennemis depuis sa prise de pouvoir en août 1983, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Par ses discours, souvent virulents à l’encontre de l’impérialisme et de ses valets sur le continent, mais aussi par ses actes, il dérangeait beaucoup ses voisins et les Occidentaux, à commencer par la France. Il se montre très critique à l’égard de ce pays, qualifié d’impérialiste, et dénonce la Françafrique.

Sankara ne convenait pas à la politique française en Afrique. Son panafricanisme et son anti-impérialisme ne pouvaient pas faire bon ménage avec certains intérêts occidentaux en Afrique.

Le jeune révolutionnaire est vu d’un mauvais oeil par la France et ses alliés africains, tel Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire.

Cette politique intransigeante et les frasques de ce jeune, beau et brillant dirigeant font trembler le monde des puissants et s’achèvent en 1987, année de son assassinat lors d’un coup d’Etat mené par Blaise Compaoré.

La France et les services secrets israéliens auraient fomenté le complot contre le leader africain.

Trente et un ans après, Sankara représente plus que jamais un modèle pour la jeunesse. Ses discours sur l’enjeu écologique, la place des femmes, le scandale de la dette ou encore la nécessité de venir en aide aux plus pauvres sont devenus des classiques dans les milieux militants.

Au Burkina Faso, où son souvenir a joué un rôle important lors de l’insurrection de 2014, mais aussi au Sénégal, au Togo ou au Ghana, il figure désormais au panthéon des grands leaders africains, aux côtés de Nelson Mandela, Patrice Lumumba et Kwame Nkrumah.

© Bur-csa – A.H – African Daily Voice (ADV)