La Jeunesse Panafricaine (JEPA) en Centrafrique sort de son silence

La Jeunesse Panafricaine (JEPA). Photo : DR

Bangui, Centrafrique (ADV) – La Jeunesse Panafricaine (JEPA) en Centrafrique, a été installée au lendemain du coup de force de la Séléka en 2013. Après plusieurs années, cette organisation prend forme et se lance dans la lutte contre le néocolonialisme et l’oppression occidentale. Wilfried Balogbia, président de la JEPA-Centrafrique répond aux questions d’ADV à Bangui.

ADV : Vous-êtes président de la jeunesse Panafricaine en Centrafrique (JEPA). Dites-nous dans quel contexte la JEPA a-t-elle été installée en Centrafrique ?

Wilfried Balogbia : La Jeunesse Panafricaine (JEPA) s’est installée en Centrafrique au lendemain de la chute de l’ex-président Centrafricain François Bozizé. Nous avons compris que les puissances occidentales notamment la France était derrière le coup d’Etat à travers leurs prises de position et réponse à la sollicitation du régime de l’époque.

ADV : Quels sont les objectifs poursuivis par cette organisation panafricaine de la jeunesse ?

WB : Les objectifs sont beaucoup mais nous citerons quelques-uns notamment, élargir et consolider la solidarité Africaine d’une manière générale et en particulier la Jeunesse Centrafricaine ; reconquérir et défendre la souveraineté de l’Etat ; créer les conditions appropriées permettant à l’Afrique et en particulier à la Centrafrique de jouer le rôle qui est le sien dans l’économie mondiale et dans les négociations internationales. Aussi, faire étendre la voix des jeunes dans les cercles des décisions, des forums de discussions et dans l’opinion internationale toute entière, aider à désaliéner nos populations en envoyant l’information vraie le plus loin possible auprès de toute les couches ; organiser ou participer aux différentes conférences sur le combat panafricain tout en impliquant les jeunes dans la résolution propre des difficultés à travers la recherche participative des solutions.

ADV : Dites-nous quelles sont les activités que vous comptez mener à travers le pays ?

WB : Présentement, nous comptons organiser dans un premier temps une conférence débat via la place de l’Union Africaine dans la crise centrafricaine et ensuite la tenue d’une formation sur le panafricanisme afin de parcourir le pays à travers une sensibilisation.

ADV : Quelle est votre relation avec les associations de la jeunesse des autres pays d’Afrique ?

WB : LA JEPA-Centrafrique est en parfaite et étroite collaboration avec les autres associations de ka jeunesse telles que celles de la Côte-D’Ivoire, du Niger, du Cameroun etc.

ADV : Quelles sont alors les organisations qui vous appuient dans vos activités ici en Centrafrique ?

WB : Jusqu’aujourd’hui, aucune organisation nous soutien. Sinon, nous recevons l’appui technique et des orientations du siège continental de la JEPA qui se trouve au Cameroun. L’occasion me permet ici de lancer un message à toutes les organisations panafricaines de jeter un regard favorable vers la JEPA-Centrafrique afin de nous soutenir dans notre lutte pour la liberté du peuple africain.

ADV : Fondamentalement, qui dit panafricanisme dit opposition aux puissances occidentales notamment néocolonialisme. Es-ce votre idéologie ? Pourquoi ?

WB : Effectivement monsieur le journaliste, c’est belle et bien notre idéologie. Justement par rapport à la politique française en République Centrafricaine ainsi que celle des autres puissances occidentales. Cette politique consiste à maintenir la Centrafrique dans l’obscurité et le sous-développement. Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, la Centrafrique a enregistré plusieurs coup d’Etat parmi lesquels l’opération Barracuda menée par les parachutistes français pour déstabiliser le régime de l’empereur Jean Bedel Bokassa dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979

ADV : Alors comment est votre relation avec le pouvoir de la place ?

WB : Je crois la JEPA-Centrafrique est en étroite relation avec le pouvoir en place car l’heure n’est plus à la volonté d’un individu mais à l’intérêt des Centrafricains.

© Bur-csa – A.H / Propos recueillis par Fridolin Ngoulou, Bangui-RCA