Centrafrique : l’exonération fait perdre à l’Etat au moins 56 milliards par an

Convoi dans le scorte de la Minusca. Photo : Minusca

Bangui, Centrafrique(ADV) – Le président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim Méckassoua a déploré le fait que l’exonération fait perdre à l’Etat plusieurs milliards de FCFA par année et invite le gouvernement à plus de vigilances.

«L’on constate que le volume des manques à gagner liés aux exonérations s’élevaient à fin juin 2018 à 28,74 milliards de FCFA, cela veut dire que pour peu que l’on fasse une projection pour l’ensemble de l’année 2018 sur la base des données du premier semestre, ces manques à gagner atteindraient la faramineuse somme de 56 milliards. Plus concrètement cela signifie que les exonérations font perdre à l’Etat d’importantes ressources indispensables à sa reconstruction », a regretté le président de l’Assemblée nationale.

La Centrafrique est un pays fiscalo-douanier. Elle tire ses ressources des taxes et impôts. Malgré cette situation, l’exonération des produits appartenant aux organisations internationales humanitaires et agences du système des Nations unies, pèse sur l’économie nationale dont la croissance annuelle tourne autour de 5%.

L’allégeance du gouvernement à ces organisations fait profiter plusieurs personnalités pour des affaires personnelles. Selon plusieurs observateurs de la vie économique du pays, nombreuses sont des personnalités qui passent par des circuits de certaines organisations internationales pour importer des marchandises destinées à la commercialisation.

Abdoul Karim Méckassoua exhorte le gouvernement à faire en sorte que la lutte contre la fraude, la corruption et l’élimination des taxes parafiscales ainsi que le transfert rapide de toutes les ressources au Compte Unique du Trésor, mais aussi la maîtrise des exonérations puissent se poursuivre inlassablement.

« Ceci doit constituer un motif de préoccupation pour l’Assemblée nationale, mais aussi pour le gouvernement qui doit prendre les taureaux par les cornes à travers des mesures correctrices car les exonérations constituent des niches de recettes pour l’Etat », a relevé Abdoul Karim Méckassoua.

Selon les investigations, les ambassades, les organisations des Nations unies, les forces internationales, les ONGs, les accords de sièges et les projets du gouvernement à financement extérieur sont concernés par les exonérations.

© Bur-csa – A.H – N.W / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV)