Madagascar : la France pressée de respecter la souveraineté malgache sur les Iles Eparses

La France invitée à restituer les îles malgaches détenues arbitrairement. Photo-montage : ADV

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Antananarivo, Madagascar (ADV) – Réunies dans la capitale malgache, des personnalités africaines et européennes ont demandé à l’ex-puissance colonisatrice de respecter la souveraineté de Madagascar sur les cinq îles de l’Océan indien, selon un document parvenu à ADV.

Pour la première fois, des leaders d’opinion africains, associés à des invités venus d’Europe, ont débattu des « Iles de l’Espoir » et des enjeux politiques, économiques et géo-stratégiques liés à leur occupation illégale par la France.

Tour à tour, Toussaint Alain, directeur de l’agence de presse panafricaine African Daily Voice (ADV), André Christian Dieudonné Mailhol, candidat à la présidentielle malgache, et Kemi Seba, président de l’ONG Urgences panafricanistes, ont dénoncé le système colonial français.

Les participants ont regretté qu’il y ait encore des territoires occupés en terre africaine. C’est le cas des Îles Eparsessituées dans le canal du Mozambique pour quatre d’entre elles – Juan de Nova, Europa, Bassas da India, les Glorieuses –, la cinquième – Tromelin – étant à l’est de Madagascar. Administrées par la France depuis plus d’un siècle, elles sont aujourd’hui intégrées au sein des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF).

  • La France doit restituer à Madagascar les terres qu'elle lui a volées, selon les participants à la conférence internationale "Les Îles de l'Espoir". Photos : DR.

Selon Toussaint Alain, le maintien de la souveraineté française sur ces Îles s’explique pour des raisons économiques et géostratégiques. La zone dispose d’importants gisements pétroliers et gaziers. Selon les mêmes sources, les sous-sols du canal du Mozambique abriteraient entre 6 et 12 milliards de barils de pétrole et entre 3 à 5 milliards de mètres cubes de gaz.

Le retour des Îles Eparses dans le giron de Madagascar garantirait le développement du pays. En effet, les revenus potentiels sont estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars. Cette manne changerait inévitablement le visage et le destin de la Grande Île : construction de barrages hydroélectriques, logements, modernisation des voies de communication, écoles, universités, hôpitaux, électrification, accès à l’eau potable, etc.

Petit rappel historique : le 14 octobre 1958, Madagascar devient la République autonome malgache. En 1960, lors des négociations qui précèdent l’indépendance, les dirigeants de Madagascar remettent en cause la souveraineté française sur les îles. Cela fait donc 58 ans que ces territoires sont occupés par la France. Pour l’activiste panafricaniste, Kemi Seba, « la France doit rendre à Madagascar les terres qu’elle lui a volées ».

Dans le communiqué final publié à l’issue de la rencontre, les participants demandent à la France de « veiller au respect et à l’application des règles internationales » dans la sous-région. En outre, ils condamnent « l’intransigeance de l’ex-puissance coloniale ainsi que toutes les décisions (françaises) portant atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de Madagascar ».

Tout en militant pour un accord négocié sous l’égide des Nations unies, de l’Union africaine et de la Commission de l’Océan indien, les experts pressent la France de restituer « immédiatement et sans condition les îles malgaches détenues arbitrairement ». Ils écartent, par ailleurs, toute autre solution, notamment celle d’une « cogestion » de ces territoires.

© Bur-csa – DP-RC / African Daily Voice (ADV)