Comment la France a restitué la tête du chef Kanak, Ataï, décapité par l’armée coloniale française

La tête du Grand Chef Ataï repose désormais en terre calédonienne. Photo : DR

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VIDEO – Tranchée à coups de hache, puis volée, décharnée et sciée, la tête du Grand Chef Ataï a longtemps empoisonné les relations entre l’ex-colonie française de Nouvelle-Calédonie et la métropole.

En 1878, soit 25 ans après la prise de possession de l’archipel par la France, le Grand Chef Ataï avait conduit, dans la région de La Foa, sur la côte ouest, une importante révolte contre l’administration coloniale, qui volait les terres des tribus autochtones et commettait de nombreuses violations contre les populations.

Pour mater la révolte, qui fit plus d’un millier de morts kanaks et quelque 200 chez les colons, l’armée coloniale française a fait appel à des supplétifs kanaks de Canala (Est) pour neutraliser cet indépendantiste. Le 1er septembre 1878, Ataï était tué puis décapité. Placée dans un bocal d’alcool phénique, sa tête fût ensuite expédiée en France.

Après des décennies de combat, le crâne et le masque mortuaire de ce héros néo-calédonien, cachés dans les collections du Musée de l’homme, à Paris, ont été enfin rendus à sa tribu le 1er septembre 2014. Récit d’une barbarie d’Etat dont les ex-colonies d’Afrique ont été aussi le théâtre, particulièrement l’Algérie et le Cameroun.

© Bur-csa – DP/RC – African Daily Voice (ADV)