Pop star contre président : une bataille de générations en Ouganda

Un musicien ougandais devenu politicien, Bobi Wine (à droite) et le principal adversaire du président Museveni (à gauche). Photo : DR

Casablanca, Maroc (ADV) – “Nous avions l’habitude d’être effrayés”, raconte Josephine Katumba, une coiffeuse de 30 ans de Kamwokya, une banlieue pauvre de la capitale ougandaise. “Nous n’avons plus peur.”

Sous l’impulsion d’une nouvelle figure de proue, Bobi Wine, un chanteur devenu député, les jeunes Ougandais se découvrent audacieux et défient le gouvernement. Fini le temps où personne ne s’indignait publiquement quand le président Yoweri Museveni chargeait la police de faire taire ses opposants.

Des traces noires balafrent la route trouée de nids-de-poule à l’extérieur du petit salon de coiffure de Josephine Katumba, là où les habitants ont pris l’habitude de brûler des pneus pour protester contre l’arrestation de Bobi Wine, pop star charismatique et inattendue figure de l’opposition.

On lit des graffiti “Free Bobi Wine” partout.

“Ça fait longtemps que les gens veulent du changement”, dit Josephine Katumba, en tressant les cheveux d’une cliente avec adresse. “La différence, c’est que Bobi est jeune et qu’il parle au nom des jeunes.”

Pop-star, Bobi Wine a mêlé des textes sur la justice sociale et la pauvreté à des rythmes afrobeat accrocheurs. Ils lui ont valu de la part de ses fans, souvent jeunes et pauvres, le surnom de “Son Excellence le président du ghetto”.

En 2017, il est élu député sous son vrai nom, Robert Kyagulanyi, et devient vite populaire par son opposition ouverte à l’encontre du dirigeant ougandais, au pouvoir depuis 1986.

M. Museveni est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans, tandis que le chef de l’État en a 74. Et celui-ci s’accroche, ayant fait modifier la Constitution à deux reprises pour supprimer les limites d’âge, et être autorisé à se présenter pour un sixième mandat en 2021.

Auparavant, l’opposition était symbolisée par Kizza Besigye, 62 ans, ancien camarade de Museveni battu quatre fois aux élections.

M. Besigye “fait partie d’un système politique enkysté dans lequel aucun changement n’est possible sans un nouveau leadership,” estime Anna Reuss, analyste indépendante basée à Kampala.

“Besigye peut aider, mais il n’est pas du ghetto. Bobi peut venir nous parler dans la rue”, constate Katumba.

Pop-star, Bobi Wine a mêlé des textes sur la justice sociale et la pauvreté à des rythmes afrobeat accrocheurs. Ils lui ont valu de la part de ses fans, souvent jeunes et pauvres, le surnom de “Son Excellence le président du ghetto”.

En 2017, il est élu député sous son vrai nom, Robert Kyagulanyi, et devient vite populaire par son opposition ouverte à l’encontre du dirigeant ougandais, au pouvoir depuis 1986.

M. Museveni est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans, tandis que le chef de l’État en a 74. Et celui-ci s’accroche, ayant fait modifier la Constitution à deux reprises pour supprimer les limites d’âge, et être autorisé à se présenter pour un sixième mandat en 2021.

© Bur-csa – N.A – African Daily Voice (ADV)