Libéria: un ancien chef de guerre arrêté et placé sous écrou à Paris

Un homme soupçonné d'exactions au Liberia dans les années 1990 a été arrêté en région parisienne. Photo : AFP

Casablanca, Maroc (ADV) – Un ancien chef de guerre soupçonné de crimes contre l’humanité au Liberia dans les années 1990, durant la guerre civile meurtrière, a été inculpé et écroué jeudi en France.

Kunti K., ressortissant libérien naturalisé néerlandais, « aurait été commandant au sein de l’Ulimo (United liberation movement of Liberia for democracy) », selon une source judiciaire. Cette faction de trois groupes armés s’opposait à l’ancien président libérien Charles Taylor, au moment de la première guerre civile du Liberia. Entre 1989 et 2003, période des deux guerres, environ 250 000 personnes ont été tuées au cours du conflit.

Né en 1974, Kunti K. est soupçonné d’actes de torture, d’utilisation d’enfants soldats, de meurtres, d’actes de cannibalisme et de mise en esclavage, entre 1993 et 1997, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte jeudi 6 septembre par le parquet de Paris, selon cette même source.

L’homme, qui se cachait chez un ami au moment de son interpellation, “avait rejoint la France en 2016, après avoir quitté les Pays-Bas et être passé par la Belgique”, a expliqué le colonel Eric Emeraux.

Le pôle “crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre” du parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire à la suite d’une plainte déposée le 23 juillet 2018 par l’ONG Civitas Maxima, et lancé un mandat de recherche à son encontre, selon la source judiciaire.

De son côté, Charles Taylor, chef de guerre pendant la guerre civile au Liberia (1989-1995), avait été élu à la présidence en 1997. Il a été condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans ce pays voisin du Liberia. Sa condamnation a été confirmée en 2013 et il purge sa peine en Grande-Bretagne.

Notons que de nombreuses personnalités impliquées dans la guerre civile occupent cependant toujours des postes économiques et politiques importants au Liberia.

© Bur-csa – N.W – African Daily Voice (ADV)