Libye : Tripoli en Etat d’urgence, Moscou appelle à l’arrêt des combats et Rome refuse toute intervention de forces spéciales

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (à gauche) et Fayez al-Sarraj. Photo : DR

Algérie (ADV) – En dépit de l’accord de cesser le feu de jeudi dernier, les tirs de roquettes et d’obus entre des milices rivales ont repris vendredi matin dans la banlieue sud de la capitale libyenne Tripoli, élevant le nombre de mort et de blessés à 150 individus selon les médias locaux. Le gouvernement d’Union Nationale de Tripoli a décrété dimanche 02 aout l’Etat d’urgence dans Tripoli et ses environs.

Ces affrontements armés inter-milices rivales débutés le 26 aout dernier dans la banlieue sud de Tripoli, se sont étendus le 01 septembre à d’autres localités périphériques de la capitale libyenne, à tels point que les services de secours des hôpitaux de Tripoli ont demandé la mise en place de couloirs sécurisés pour l’évacuation des personnes encerclés par les combats. Vendredi dans la soirée, l’aéroport de Tripoli- unique aéroport encore opérationnel dans la capital, a été visé par des tirs de plusieurs roquettes. Les vols y sont suspendus et déroutés vers l’aéroport de Misrata jusqu’à ce lundi matin.

Après les appels de la Ligue Arabe à l’arrêt des violences et la condamnation de Washington, Paris, Londres, et Rome, Moscow a appelé ce lundi 03 aout, les parties au combat à cesser les opérations armées et à éviter au pays de sombrer à nouveau dans le chaos. «Moscow suit de très près le développement de la situation en Libye et à Tripoli, et regrette que la situation de ce pays n’aille pas vers la stabilité, mais plutôt vers plus de complication », a indiqué le Ministère russe des Affaires Etrangères dans un communiqué repris par Sputnik Arabic. Ce même communiqué ajoute « Moscow observe avec beaucoup d’inquiétude le déclenchement de nouveaux affrontements à Tripoli et en appelle à toutes les parties libyennes de cesser toutes les actions de combats et participent dans le recouvrement du calme dans la capitale libyenne et ses environs ».

De son côté le gouvernement italien a exprimé ce lundi son refus de dépêcher toute forces spéciales italienne en Libye, comme avancé ces derniers jours par certains médias italiens. « L’information concernant la préparation d’une intervention de forces spéciales italiennes en Libye comme données par certains médias est catégoriquement rejetée. L’Italie continue de suivre de près l’évolution de la situation sur le terrain et a déjà exprimé publiquement sa préoccupation “, a rapporté l’agence italienne ANSA citant un communiqué du gouvernement.

A l’heure actuelle, les roquettes et obus continuent de s’abattre sur la banlieue sud, selon les médias locaux.

Pour rappel, les combats opposent les milices des Révolutionnaires de Tripoli, de la Brigade 301 et la Brigade d’Abou Selim (affiliées à la Garde Républicaine du gouvernement de Tripoli) à la Septième Brigade. Cette dernière milice était également rattachée au Gouvernement d’Entente Nationale de Fayez Al Saraj. Ce dernier avait annoncé le 30 aout, sa séparation de cette septième Briagde et sa désapprobation de toutes ses activités armées.

Mais cette Septième Brigade continue de se considérer comme force légitime de la Garde Républicaine du Gouvernement d’Union Nationale. Dans une déclaration accordée le 28 aout à l’agence libyenne Africa Gate News, un ancien membre du Conseil des Représentants du Peuple, Mohamed Al Abani a estimé que la Septième Brigade « contenant des officiers et des soldats de toute la Libye et créée par une décision du Conseil Présidentiel, a le devoir de poursuivre sa mission qui consiste à protéger la capitale des milices et brigades armées qui la kidnappent ! ».

© Bur-csa – Selma Kasmi – ADV