RCA/Soudan : « L’entente de Khartoum est une garantie pour l’initiative africaine », dixit Abdoulaye Issène dans une interview exclusive

De Gauche à droit Abdoulaye Issene et Maxime Mokome à la conférence de presse le 30 aout à Khartoum au Soudan. Photo : Fridolin Ngoulou

Khartoum (ADV) – Deux jours après la signature d’une entente entre les principaux leaders des groupes armés en Centrafrique, ceux-ci ont tenu ce 30 août une conférence de presse marquant le résultat de leurs ententes. Abdoulaye Issène, président du Conseil National de Défense et de Sécurité au Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), une faction de la Séléka, dévoile dans une interview exclusive à ADV, les motivations de leur rencontre.

ADV : Abdoulaye Issène bonjour, dites-nous quel est votre sentiment après la rencontre de Khartoum ?

Abdoulaye Issène : Bonjour, après 5 ans de crise dans le pays, il était important que les leaders se réunissent pour discuter. Nous avons tenu plusieurs réunions, nous avons envoyé nos représentants dans les rencontres mais c’est la première fois que nous leaders nous puissions nous réunir pour parler de la paix et envisager la sécurité dans le pays. Nous sommes heureux à ce que ça soit le Soudan qui nous accueille, le Soudan qui n’a pas d’intérêt en Centrafrique. Ceux qui accueillent souvent les pourparlers inter-centrafricains chez eux, ont des intérêts avec le pays et des agendas. La crise centrafricaine est un business pour les puissances. Nous nous sommes arrêtés pour dire non et envisager un nouveau départ.

ADV : Les principaux leaders se sont réunis ici à Khartoum mais quels sont les messages forts que vous allez lancer à la population dès votre retour ?

Abdoulaye Issène : D’abord le fait pour nous, principaux leaders de l’ex-Séléka et Anti-Balaka de nous réunir est quand même historique. Nous nous sommes affrontés et si nous faisons la paix ce que c’est la RCA qui va être en paix. L’autre message est que nous groupes armés, nous marchons vers une même vision et nous présentons des recommandations communes à l’Initiative Africaine pour la paix. Plus jamais la violence en Centrafrique, c’est notre engagement. Tout le monde doit respecter la paix et personne ne doit s’opposer à cela. Celui qui le fera, trouvera toute la communauté nationale et internationale en face.

ADV : Vous avez pris l’engagement d’œuvrer pour la restauration de l’autorité de l’Etat. Comment allez-vous accueillir le déploiement des Forces armées centrafricaines dans les zones que vous contrôlez.

Abdoulaye Issène : L’autorité de l’Etat existe sauf qu’elle va mal. Je viens de Kaga-Bandoro, il y’a l’autorité de l’Etat dans la zone. A Dékoa qui est à 70 Km de Kaga-Bandoro, il y’a l’armée nationale nous n’avons pas empêché cela. Nous sommes en train d’aller vers une solution définitive de la crise et on ne parlera pas des FACA, Séléka, Anti-Balaka mais des Centrafricains.

ADV : Dites-nous à quel niveau situez-vous l’initiative de l’Union africaine pour la paix en Centrafrique ?

Abdoulaye Issène : Je tiens à dire que ce que nous sommes venus faire ici à Khartoum est la déclaration d’entente. Les leaders ne se sont jamais réunis pour discuter. Tous n’ont jamais apposé leurs signatures sous un même papier. Nous venons de le faire. Mais en ce qui concerne l’Initiative, au moment où nous tenons cette rencontre, nos représentants sont en train de finaliser les revendications communes à Bouar à l’Ouest de la Centrafrique. 14 groupes armés, une seule revendication. Ce que nous faisons ici est la garantie pour la réussite de cette initiative.

ADV : Plusieurs accords ont été signés mais quel est le mécanisme de suivi de vos engagements après cette rencontre?

Abdoulaye Issène : De toutes les manières, le suivi viendra après le dialogue sous l’égide de l’Union africaine.

ADV : Abdoulaye Issène, merci

Abdoulaye Issène : Merci aussi à vous.

Propos recueillis à Khartoum par Fridolin Ngoulou, envoyé spécial d’ADV.