Disparition d’Aretha Franklin : ses funérailles se dérouleront le 31 août prochain à Detroit

La chanteuse Aretha Franklin en décembre 2015 à Washington. Photo : AFP

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Casablanca (ADV) – De ses cachets versés à des collectes de fonds, à ses hymnes et sa voix phénoménale qui ont électrisé les activistes, Aretha Franklin est intimement liée au mouvement des droits civiques. Comme si elle en avait écrit la partition.

“Respect”, sa signature, sa chanson, reprise d’un tube d’Otis Redding, deviendra une ode féministe mais aussi un hymne derrière lequel de nombreux Noirs américains, hommes et femmes, se rassembleront à travers le pays dans les années 60, combattant, pacifiquement, pour l’égalité des droits.

Aretha Franklin est née dans un sud ségrégué, à Memphis, dans le Tennessee, le 25 mars 1942. Sa famille s’est ensuite installée à Detroit, dans le nord.

Son père, C.L. Franklin était un pasteur baptiste et militant pour les droits des noirs américains, aidant Martin Luther King à organiser, en juin 1963, la Marche pour la Liberté à travers le centre de Detroit, seulement deux mois avant son discours historique “I have a dream” à Washington.

L’icône des droits civiques était un ami proche du père d’Aretha Franklin, venant à l’occasion à Detroit afin de passer du temps dans la maison familiale ou à la New Bethel Baptist Church, l’église où officiait C.L. Franklin, confiait en 1999 la chanteuse à la radio NPR.

Aretha avait chanté aux funérailles de Martin Luther King. Quarante ans plus tard, elle donnait de la voix à l’investiture de Barack Obama, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis.

L’ancien président américain Barack Obama a rendu hommage jeudi à la «divine» Aretha Franklin décédée jeudi à 76 ans, en estimant qu’elle avait contribué à «façonner l’Amérique». «Dans sa voix, nous pouvions lire notre Histoire, dans son entièreté et dans toutes ses nuances : notre puissance et nos peines, notre côté sombre et notre lumière, notre quête de la rédemption et le respect gagné difficilement», a commenté Barack.

Son épouse, Michelle Obama a également eu une pensée pour la famille de la chanteuse sur Twitter. «Ecouter Aretha Franklin chanter à la Maison Blanche et à de nombreuses autres occasions faisait s’arrêter le temps. Barack Obama et moi avons une pensée pour la famille d’Aretha. Elle sera pour toujours notre Reine de la Soul», a quant à elle écrit l’ancienne Première dame des Etats-Unis.

Le deces d’Aretha a aussi ému le president en exercice des Etats-Unis, Donald Trump: Ce dernier a écrit sur Twitter : «La Reine de la Soul, Aretha Franklin, est morte. C’était une grande femme, avec un formidable cadeau de Dieu, sa voix. Elle manquera!».

Le NAACP, la grande organisation de défense des droits civiques, a remis en 2008 à Aretha Franklin un prix pour son action.

La légende de la soul a donné argent et conseils aux activistes américains pour les droits civiques.

En 1990, elle a chanté à un rassemblement dans sa ville en l’honneur de la libération de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Montant sur scène, Mandela a raconté à quel point il avait apprécié écouter “le son de Detroit” quand il était enfermé.

Pour des générations de femmes, d’Afro-Américaines en particulier, elle était une icône, une inspiration, un modèle qui a représenté non seulement le combat pour l’égalité des droits mais aussi l’égalité hommes-femmes.

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