Chantage américain au Zimbabwe : pourquoi Harare ne cédera pas

Emmerson Mnangagwa, président de la République du Zimbabwe. Photo: Twitter

Douala (ADV) – Pourquoi les Etats-Unis ressentent-ils toujours le besoin de menacer les autres pays du monde ou de se prouver à eux-mêmes que leurs menaces impressionnent toujours tout le monde ou effraient ceux qui ne lésinent pas dans les moyens pour défendre leur pleine souveraineté ? C’est la question ou plutôt, l’une des questions que se posent depuis plusieurs jours. Maintenant l’immense majorité des observateurs avertis de la scène politique africaine au lendemain de la proclamation des résultats de la présidentielle au Zimbabwe, mais surtout, au lendemain du nouveau numéro du président américain Donald Trump, qui refuse d’une certaine façon de reconnaitre les résultats des élections présidentielles au Zimbabwe. « De quoi je me mêle », lancent certains analystes.

En effet, après la proclamation des résultats des élections présidentielles au Zimbabwe, qui ont donné pour vainqueur, le président sortant Emmerson Mnangagwa, et ce dès le premier tour avec 50,8% des suffrages, son investiture qui devait avoir lieu dimanche dernier, a tout simplement été reporté sine die, et pour cause, nous dit-on, la contestation des résultats par le MDC de Nelson Chamisa, qui a déposé un recours devant la cour constitutionnelle, estimant avoir remporté la présidentielle. Mais comme par enchantement et comme si cela ne suffisait pas, les Etats-Unis, jamais invités, mais presque toujours présents, menacent maintenant précisément, le Zimbabwe, de maintenir les sanctions contre lui, si les résultats des élections n’étaient pas acceptées de tous.

C’est en effet le 12 août dernier, que le président américain Donald Trump, a signé un décret exigeant du gouvernement zimbabwéen des résultats d’élections acceptés de tous, la bonne gouvernance, et le respect de l’opposition. Autrement dit, l’administration Trump, exige que les autorités zimbabwéennes réussissent à faire en sorte que les résultats de la présidentielle soient acceptés de tous et que l’opposition soit respectée, entre autres conditions, faute de quoi, les sanctions américaines seront tout simplement maintenues.

Harare a, bien entendu, dénoncé le maintien des sanctions par les États-Unis, des analystes africains, eux, ont fustigé cette ingérence américaine au Zimbabwe. Mais la question reste de savoir, si les autorités Zimbabwéennes, elles, vont céder à ce nouveau chantage américain ou plus exactement, ce que cherchent véritablement les Etats-Unis à travers cette nouvelle pression contre le Zimbabwe. Y-aurait-il une dent de Washington contre Harare, qui, au mois de mars dernier encore, lors de la visite de Serguei Lavrov sur le sol Zimbabwéen, souhaitait un renforcement des liens militaires et économiques avec la Russie et ses autres partenaires stratégiques comme la Chine? Le président Mnangagwa, va-t-il laisser de coté de régler les problèmes existants et réels des Zimbabwéens pour s’occuper des nouveaux caprices de l’établissement occidental qui visiblement aurait préféré une issue différente à cette élection présidentielle ? La question reste posée, mais pourtant, la réponse semble bien évidente.

Signataire de la tribune (les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que la responsabilité de leur auteur ci-dessous mentionné et en aucune façon celle de l’agence ADV).

© Bur-csa – Vanessa Ngadi Kwa – ADV