Kinshasa : être nappy, un retour aux origines

Derrière la tendance Nappy, la revanche du cheveu afro. © DR.

Kinshasa (ADV avec Habari RDC) – Adieu les défrisants ! Vive la révolution capillaire ! Aujourd’hui, un certain nombre de filles dans la capitale congolaise ont désormais les cheveux crépus et elles portent leurs coupes afro avec fierté. Alors simple mode ou retour à l’authenticité ?

« Les nappy sont à la mode ! », lance jeune une fille en palpant avec admiration mon look afro. Elle a raison, les nappy sont à la mode mais au-delà de ça, ce style renferme un message plus profond. Un engagement au retour à nos racines africaines. Nos vraies origines.

Mais d’abord, c’est quoi un nappy ?

Le mouvement nappy est la dénomination du “naturalhairmovement” né aux États-Unis dans les années 2000. Ce mouvement désigne des femmes noires souhaitant conserver leurs cheveux crépus; Quant au mot « nappy » lui-même, il signifie tout simplement « crépu » en anglais. Il est donc considéré dans nos pays francophones comme un rétroacronyme formé de « natural » et de “happy”.

Pourquoi être nappy?

Derrière cette mode il y a le retour à l’authenticité. En décidant de garder leurs cheveux crépus, les femmes noires décident qu’être belle ne nécessite pas d’avoir les cheveux lisses comme les européennes. C’est d’ailleurs dans cet ordre que s’est inscrit la revendication des jeunes filles noires d’un lycée privé de Johannesburg après que les autorités de leur école aient interdits le port des cheveux naturels. Elles voulaient venir au lycée avec leurs cheveux naturels. J’ai admiré leur cran. De vraies battantes ! Loin d’être un acte des mépris envers celles qui ont les cheveux lisses, leur protestation a été une façon de dire que chacun a le droit d’être différent et d’avoir ses propres standards de conviction.

La bande annonce du documentaire Good Hair, sur les dangers des défrisants:

Les nappy kinoises

Kinshasa n’est pas en reste. Jamais to rata ! (On ne reste pas en arrière, nous les Kinoises). Les nappy kinoises organisent des rencontres pour parler de leur crinière. Le 15 octobre 2016, elles se sont vues au Pullman Hôtel. Celles de Kinshasa partagent leurs expériences, leurs routines capillaires et leurs parcours « révolutionnaires ». Les critiques fusent de partout. Les autorités académiques, certains hommes et quelques femmes trouvent que les cheveux naturels sont sales. C’est une aberration de penser cela quand on doit en être fier. Malgré ces critiques, beaucoup des filles font, comme moi, leur retour au naturel soit parce que c’est la mode soit par souci d’authenticité.

Charlotte, une Kinoise qui a fait son retour au naturel depuis 2015 : « Ce geste m’a permis d’avoir plus confiance en moi ». Depuis, c’est le love fou avec sa chevelure… Ses origines ! Récemment, elle a créé une page Facebook – Nappy Care – où elle partage des astuces pour prendre soins des cheveux avec des produits naturels. Elle y prône aussi l’importance du retour à l’authenticité. Moi je vous laisse en compagnie de la chanson « Don’ttouchmyhair » de Solange Knowles qui est aussi nappy. Et je vais hydrater et nourrir ma belle chevelure afro qui me fait rêver à mes racines de femme noire, de femme africaine.

Par, Soraya Odia