Mauritanie : énième plaidoirie du président français pour soutenir la force G5 Sahel

Les 5 pays, G5 Sahel © DR

Casablanca (ADV) – Il y a tout juste un an, Emmanuel Macron lança officiellement le G5 Sahel

Le président français Emmanuel Macron s’est déplacé ce 02 juillet à Nouakchott (capitale de la Mauritanie), pour rencontrer les présidents des pays du G5 Sahel, en marge du sommet de l’UA qu’abrite le pays depuis hier.

Selon des médias français, ce déplacement d’Emmanuel Macron s’inscrit dans le cadre d’une mini-tournée qui le conduira par la suite dans les villes nigériane d’Abuja et de Lagos, pour chercher du soutien à sa force du G5 Sahel, auprès d’un grand allié de Washington.

Cette force G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie), a été lancée officiellement le 02 juillet 2017 à Mali, par le président français Emmanuel Macron- soit il y a tout juste un an- dans le but de « lutter contre les groupes djihadistes dans la bande Sahélo-saharienne », selon l’Elysée. Le Mali où se trouve déjà depuis 2014, une autre force militaire appelée Barkhane.

Composée de 5 000 hommes, le budget de fonctionnement de cette force est estimé à environ 450 millions d’euros. Pour l’assurer, Paris multiplie les initiatives dans le but de convaincre un plus grand nombre de pays et d’institutions d’y adhérer.

Faute d’avoir l’aval du Conseil de Sécurité de l’Onu, l’Elysée réussi à engrangé en une année, 50 millions d’euros de la part de l’Union Européenne, la même somme de la part des cinq pays africains composant cette coalition, 60 millions de $ octroyés par les USA, et enfin 130 millions de $ débloqués par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis $, le 13 décembre dernier.

Au-delà de la lutte antiterroriste

Mais Paris ne se heurte pas uniquement à la question de la mobilisation des ressources financières. En effet, le pays peine à avoir l’adhésion de grands pays de la région, à savoir l’Algérie et le Nigéria.

Sollicitée à maintes reprises par Paris, l’Algérie ne cesse de décliner les invitations préconisant une solution « intra- africaine », et « intra pays de la région ».

En effet, nombreux observateurs estiment que l’Algérie- dotant d’une grande expérience en matière de lutte antiterroriste- et qui a créé en 2010, le Comité d’Etat-Major Opérationnel des Armées (CEMOC), et qui a octroyé 100 millions USD aux pays de la sous-région, ne comprend pas la création d’une nouvelle force depuis Paris, au lieu de soutenir des organismes antiterroristes locaux déjà existants.

Pour ce qui est du Nigeria, la première économie africaine et le pays le plus peuplé du continent, le président français tentera d’avoir un quelconque soutien de ce plus grand allié des Etats Unis dans la région, notamment après l’entrée en jeu de Washington sur la scène sahélienne, révélée par l’assassinant le 4 octobre dernier de e quatre bérets verts américains au Niger. Les Etats Unis déclarent par la suite leur présence dans ce pays (chasse gardée de la France), à travers deux bases de drones et 800 soldats déployés. Quelques jours plus tard, le 20 octobre, le chef d’État-major des armées des États-Unis Joseph Dunford, déclare devant la presse : « La guerre est en train de se déplacer du Proche-Orient vers l’Afrique ».

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